Après avoir signé un décret reconnaissant l'indépendance de la péninsule séparatiste, le président russe Vladimir Poutine a informé, mardi 18 mars, les deux chambres du Parlement ainsi que le gouvernement de la demande de la Crimée de faire partie de la Russie. Il s'agit de la première étape législative nécessaire pour pouvoir intégrer la péninsule dans la Fédération russe, conformément à la Constitution, précise le Kremlin. Lundi, le Parlement de la Crimée a officiellement proclamé son indépendance et demandé son rattachement à la Russie. M. Poutine doit s'exprimer dans la journée de mardi sur le sujet devant les deux chambres du Parlement, les dirigeants des régions et les représentants de la société civile. Le décret signé par le président russe stipule que « compte tenu de la volonté des peuples de Crimée exprimée lors du référendum du ۱٦ mars», la Russie a décidé de« reconnaître la République de Crimée comme Etat souverain et indépendant où la ville de Sébastopol a un statut spécial».PIED DE NEZ Cette reconnaissance de l'indépendance de la Crimée, comme un pied de nez aux sanctions européennes et américaines annoncées dans la journée, est une étape indispensable avant un véritable rattachement à la Russie, qui doit faire l'objet d'un accord entre deux Etats indépendants. Le référendum organisé dimanche en Crimée a débouché sur un résultat sans appel : 96,8 % des électeurs se sont prononcés pour une séparation de la Crimée du reste de l'Ukraine et son rattachement à la Russie. Côté russe, cette question sera abordée vendredi par la Douma, la chambre basse du Parlement. Une délégation de Crimée, avec à sa tête le premier ministre séparatiste Sergueï Axionov, s'est rendue lundi à Moscou.