«Cette crise n’a pas été provoquée par nous», a répété le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, jugeant que l'Ukraine était aux mains de «nationalistes radicaux». SUR LE MÊME SUJET Ukraine : Moscou veut un dialogue «d'égal à égal» avec l'Occident Ukraine : manifestation pro-russe à Donetsk, tension en Crimée REPORTAGE A Maidan, le dernier carré campe sur ses positions Par Hélène Despic-Popovic La Russie est ouverte à un dialogue sur l’Ukraine «honnête, d’égal à égal» avec les puissances étrangères «pour trouver un moyen d’aider l’Ukraine entière à sortir de la crise», a déclaré samedi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. «Nous sommes prêts à continuer le dialogue à condition d’avoir l’assurance que ce dialogue sera honnête entre partenaires égaux, et sans tentative de nous présenter comme l’une des parties au conflit», a-t-il précisé. Pour le ministre russe, «cette crise n’a pas été provoquée par nous. Elle a en fait été provoquée en dépit de nos avertissements répétés depuis longtemps». Lavrov a lancé une nouvelle attaque contre le gouvernement ukrainien qui a pris le pouvoir après le renversement du président Victor Ianoukovitch, disant que la terreur et le chaos régnaient dans le pays : «Ce soi-disant gouvernement temporaire n’est pas indépendant, et dépend malheureusement des nationalistes radicaux qui ont pris le pouvoir par la force». «Il n’y a aucun semblant de contrôle gouvernemental pour maintenir la loi et l’ordre. (...) Le ton est donné par les groupes d’extrême droite du mouvement nationaliste Pravy Sektor qui utilisent des méthodes de «terreur et d’intimidation», a-t-il encore affirmé. «TROP DE MENSONGES» Le diplomate a également demandé une enquête de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur les responsables de la mort de dizaines de personnes à Kiev, le mois dernier, tuées dans des attaques de snipers, arguant qu’on ne pouvait continuer à «dissimuler» la vérité. «Il y a eu trop de mensonges, et qui ont été utilisés trop longtemps afin de diriger l’opinion publique européenne dans la mauvaise direction, allant à l’encontre des faits objectifs», a-t-il jugé. Les pays occidentaux ont imputé à la police anti-émeute de Viktor Ianoukovitch, aujourd’hui destitué, la majorité des violences qui se sont soldées par des dizaines de morts en février à Kiev. Mais une conversation téléphonique entre la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, et le chef de la diplomatie estonienne, a été divulguée cette semaine, au cours de laquelle la première confie que l’opposition ukrainienne au président Viktor Ianoukovitch avait pu être impliquée dans ces attaques. La Russie a utilisé cette conversation téléphonique piratée pour étayer son argumentation voulant que le nouveau gouvernement ukrainien soit composé d’extrémistes dangereux.