Des sources du 8-Mars pensent que plusieurs facteurs peuvent expliquer le durcissement des positions du président de la République à l’égard de la Résistance. Selon ces sources, après la signature du décret de formation du gouvernement, le chef de l’Etat a perdu une carte importante qu’il a utilisé pour exercer des pressions sur les protagonistes, notamment le 8-Mars, afin qu’ils présentent des concessions au niveau de la répartition des portefeuilles, dans l’intérêt de la présidence et du 14-Mars. Aujourd’hui, il est privé de cette précieuse carte. Ces mêmes sources ajoutent que le président Sleiman a perdu espoir de voir son mandat prorogé, et il fait assumer au 8-Mars la responsabilité de la perte de cette chance, surtout qu’il avait entendu, chez les Saoudiens, des propos favorables à cette option. M. Sleiman a donc perdu espoir de rester au palais de Baabda après le 25 mai, ce qui l’a poussé à adopter des positions politiques qui, pense-t-il, lui permettraient de se forger une personnalité politique adaptée à la période à venir. Sachant que son discours a dépassé les expectatives du 14-Mars et était plus ferme, du moins sur le plan linguistique, que celui de cette coalition. Il ne fait aucun doute que le président de la République s’est mis dans une situation embarrassante, ajoutent les milieux du 8-Mars. Car il sait qu’il est difficile pour lui de s’aménager un espace politique entre Michel Aoun et Samir Geagea. Pour se trouver une telle place, il aurait été préférable pour lui d’adopter une position réellement centriste. Ses positions en flèche contre le Hezbollah ne lui ont fait gagner aucun point sur la scène chrétienne, car ceux les réactions de soutien ont émané uniquement des personnalités du 14-Mars et ont été utilisées par ces derniers pour renforcer leur campagne contre la Résistance. De plus, le discours présidentiel a compliqué davantage la situation générale dans le pays et a rendu plus difficile la tâche de la commission de rédaction de la déclaration ministérielle, en provoquant un climat non propice à une formule acceptée de tous au sujet de la Résistance. Aussi, la confiance accordée par le Parlement a été retardée. Malgré cela, les sources du 8-Mars affirment que des tentatives sont en cours pour contenir la «tempête» provoquée par le discours de Sleiman. Le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, ont repris leurs efforts pour aplanir les obstacles devant la rédaction de la déclaration ministérielle.