Le groupe informatique américain Apple prend des mesures pour s'assurer que des minerais entrant dans la fabrication de ses iPhone et iPad ne servent pas à financer des conflits armés, en particulier en République démocratique du Congo. "En janvier 2014, nous avons eu confirmation que tous les sites de production de tantale actifs et identifiés dans notre chaîne d'approvisionnement étaient certifiés comme non liés à des conflits par des auditeurs tiers", a annoncé le groupe dans un rapport publié jeudi. "Nous faisons pression tout aussi fortement sur nos fournisseurs d'étain, de tungstène et d'or pour qu'ils utilisent des sources vérifiées", poursuit-il. Le groupe publie à cet effet une liste de ses fournisseurs précisant si l'origine de leurs métaux a été vérifiée ou pas. Le tantale est un minerai dont l'industrie électronique est le premier débouché, pour fabriquer notamment des condensateurs. Le secteur est également très gourmand en étain, or et tungstène. Mais "certaines sources pour ces minerais sont en République démocratique du Congo (RDC) ou des pays voisins, et leur extraction peut financer ou bénéficier à des conflits armés associés à des violations des droits de l'homme", ce qui leur vaut l'appellation de "minerais du conflit", explique Apple. "Plutôt que d'éviter complètement les minerais de RDC et des pays voisins, nous soutenons des chaînes d'approvisionnement vérifiées et le développement économique dans la région", a-t-il souligné. L'initiative d'Apple a été saluée notamment par Greenpeace, qui aimerait voir d'autres poids lourds du secteur faire pareil. "Apple a montré ses muscles dans le passé pour pousser ses fournisseurs à retirer des substances dangereuses de leurs produits et fournir davantage d'énergie renouvelables pour des centres de données, et il prouve que le même modèle peut réduire l'usage des minerais du conflit", a estimé un représentants de l'association, Tom Dowdall. "Samsung et d'autres groupes d'électronique grand public devraient suivre l'exemple d'Apple (...) de telle sorte que le secteur puisse utiliser son influence collective pour fabriquer des appareils qui soient meilleurs pour les gens et la planète", poursuit-il. Le rapport d'Apple, dont certains fournisseurs et notamment le chinois Foxconn ont été pointés du doigts dans le passé pour les conditions de travail de leurs ouvriers, fait aussi le point sur ces thématiques. Le groupe affirme que 95% de ses fournisseurs respectent une règle limitant la semaine de travail à 60 heures.