Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé, samedi, le soutien accordé par les pays occidentaux à l'opposition en Ukraine, laissant entendre que cet appui alimentait la violence. Depuis deux mois, l'Ukraine est aux prises avec des manifestations monstres qui ont commencé après que le président Viktor Ianoukovitch eut décidé de ne pas signer une entente, qui aurait renforcé les liens du pays avec l'Union européenne, pour plutôt se rapprocher de la Russie. Les rassemblements sont demeurés plutôt pacifiques jusqu'à la mi-janvier, lorsque les contestataires, fâchés par les nouvelles lois limitant le droit de manifester, se sont engagés dans des affrontements violents avec les forces de l'ordre. Trois manifestants sont morts, dont deux par balles, durant les combats. La police affirme ne pas avoir tiré les coups mortels. À la conférence annuelle sur la sécurité à Munich, M. Lavrov a exprimé son désaccord concernant ce qu'il a décrit comme «des politiciens européens importants qui encouragent de telles actions». Il a déclaré qu'inciter à la violence n'avait rien à voir avec la promotion de la démocratie et a déploré le fait que personne ne critique les protestataires qui saisissent des édifices gouvernementaux, lancent des bombes incendiaires sur les policiers et scandent des slogans antisémites ou nazis.