L'Ukraine, livrée au chaos par le coup d’état rampant pro-occidental, l'armée intervient dans la crise, exige des "mesures d'urgence" et donne à l'opposition 15 jours pour se disperser. Les militaires ukrainiens, qui ont dans les semaines passées souligné qu'ils n'interviendraient pas dans cette crise créée par Washington et Bruxelles et qui divise leur pays, sont de leur côté sortis de leur réserve. Dans un communiqué du ministère de la Défense, l'armée a appelé "le chef suprême des armées", soit le président Ianoukovitch, à prendre des mesures d'urgence pour "stabiliser la situation dans le pays". Ils soulignent avec raison que l'escalade de la contestation "menace l'intégrité territoriale" de l'Ukraine. Certains voisins de l’Ukraine, à Bucaret et Varsovie notamment, évoquent déjà ouvertement un ‘partage de l’Ukraine’ sous prétexte de protections de leurs minorités. Vieille tactique bien connue, notamment sous Hitler. A part çà, l’OTAN ou l’UE « c’est la paix » nous dit Bruxelles … Ce nouveau rebondissement intervient sur fond d'enlisement politique complet dans cette ancienne république soviétique, où pouvoir et opposition s'accusent mutuellement d'envenimer les choses, et dont le président est officiellement depuis jeudi en "arrêt maladie". Sur le chaos et l’impasse ukrainienne, relire mon édito pour PCN-INFO : UKRAINE : DOUBLE JEU A KIEV, TROUBLE JEU A BERLIN ET AVERTISSEMENT A MOSCOU On ignore toutefois pour l'instant quelles mesures concrètes réclamait l'armée au pouvoir. Mais l’Armée a visiblement le soutien de Moscou. Pour un conseiller du président russe Vladimir Poutine, Sergueï Glaziev, qui dénonce – dans des termes similaires aux miens - un "coup d'Etat rampant" fomenté par les Etats-Unis et leurs alliés, M. Ianoukovitch doit "mater" la rébellion s'il ne veut pas perdre le pouvoir. Selon Vadym Karassev, à la tête de l'Institut des Stratégies mondiales de Kiev, « la déclaration des militaires montre leur fidélité au président ». UN MEDIAMENSONGE DE PLUS : LA LOI D’AMNISTIE N’EST PAS CE QU’EN DISENT LES MEDIAS DE L’OTAN … Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a promulgué vendredi une amnistie, présentée dans les médias de l’OTAN comme « une victoire de l’opposition ». Mais qui en fait donne 15 jours aux opposants pour libérer les lieux publics occupés. L'armée sort de sa réserve en exigeant des « mesures d'urgence » après deux mois d'une crise sans précédent pour appuyer fermement cette disposition. La loi d'amnistie avait en effet été votée par le Parlement ukrainien dans le cadre de concessions à l'opposition et sous la double pression des émeutiers néofascistes dans la rue et des menaces et intimidations de Washington et Bruxelles. Mais celle-ci a été assortie de la condition de libérer les lieux publics occupés dans les 15 jours, ce que les opposants, affichant leur méfiance, ont refusé, plongeant à nouveau le pays dans l'impasse politique. On notera d’une part que les trois partis d’opposition – UDAR (filiale de la CDU-CSU allemande), le bloc de Timoshenko (très à droite) et les néofascistes de Svoboda – a refusé de voter la loi d’amnistie en raison de cette disposition. D’autre part, les radicaux néonazis de Pravy Sektor – qualifiés simplement d’ « opposants radicaux » par l’AFP -, a même menacé de « revenir à des actions violentes contre les forces de l'ordre et le pouvoir en place si les opposants incarcérés n'étaient pas libérés et si des négociations entre pouvoir et opposition ne reprenaient pas ». On notera comment Opposition parlementaire de droite et groupuscules armés néonazis agissent de façon complémentaire. « LES ETATS-UNIS VEULENT REPRENDRE LA MAIN » L’AFP est en aveux et titre « Les Etats-Unis veulent reprendre la main », qui met en lumière le rôle initiateur et dirigeant des USA dans le coup d’état insurrectionnel de Kiev. Relire mon édito pour LUCMICHEL.NET : LA CRISE UKRAINIENNE «PAS UN AFFRONTEMENT EST-OUEST» ? VRAIMENT … http://www.lucmichel.net/2014/01/27/lucmichel-net-la-crise-ukrainienne-pas-un-affrontement-est-ouest-vraiment/ « Les Etats-Unis ont, quant à eux, paru vouloir mettre leur poids dans la balance, rejoignant les Européens qui ont multiplié les missions de médiation (sic) et les déclarations ces deux derniers mois » commente l’AFP. « Geste de taille à l'égard de l'opposition, le secrétaire d'Etat américain John Kerry doit ainsi rencontrer samedi ses dirigeants, dont l'ancien champion de boxe Vitali Klitschko et l'ex-ministre Arseni Iatseniouk, en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich ». Que Washington, l’UE et l’OTAN sont en train de transformer en plate-forme de soutien aux opposants putchistes ukrainiens qu’ils patronnent … Des responsables russes ont d'ores et déjà réagi, comme le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine qui a qualifié cette rencontre de "cirque". RTL-TV (Bruxelles) – exemple entre tant d’autres - présentait ce vendredi cette conférence comme « une conférence pour sortir de la crise ukrainienne ». Ce qu’elle n’est pas ! Pendant ce temps, le ‘Maidan’ continue avec les groupuscules néonazis radicaux et « la milice Svoboda » - comme dit RTL – qui apparaît en uniformes équipée comme une véritable armée. « En plein centre de Kiev, sur la place de l'Indépendance, ils étaient vendredi, par moins 20 degrés, une poignée de militants de l'opposition à continuer à "monter la garde", tentant de se réchauffer autour de braseros » dit l’AFP en pleine empathie. « Nous resterons jusqu'à la complète capitulation du pouvoir, et le départ du président Ianoukovitch », proclament-ils … Luc MICHEL