Le Parlement ukrainien a adopté mercredi ۲۹ janvier une loi d ' amnistie pour les contestataires arrêtés lors de heurts avec la police, mais assortie de conditions rejetées par l ' opposition qui s ' est abstenue.
Après plusieurs heures d ' âpres négociations, le texte a été approuvé par ۲۳۲ députés, sur les ٤۱٦ présents, sous les cris de protestations des parlementaires de l ' opposition, et la séance a été levée. Le président Viktor Ianoukovitch s ' était rendu peu avant au Parlement pour peser de tout son poids dans les difficiles négociations entre sa formation, le Parti des régions, et l ' opposition. Mais, mercredi soir, il n ' était pas clair quelles concessions avaient été obtenues au cours de la journée, le texte de la loi n ' étant pas disponible.CONTRE L ' ESPRIT DE CONSENSUS Au départ, le parti au pouvoir exigeait, en échange de cette loi d'amnistie, la libération du centre de Kiev occupé par les manifestants, ainsi que des bâtiments publics comme la mairie de Kiev ou la Maison des syndicats, devenue le siège de la contestation. Une condition dont ne voulait pas l'opposition, car cela la priverait d'un moyen de pression sur le gouvernement. Par ailleurs, le camp présidentiel souhaitait que l'amnistie s'applique aussi bien aux manifestants qu'aux policiers et aux officiels ukrainiens chargés de la répression. Un point jugé inacceptable par l'opposition. Si plusieurs dizaines de protestataires sont poursuivis par la justice pour avoir pris part aux manifestations qui émaillent la capitale ukrainienne depuis le 21 novembre, au moins deux responsables du gouvernement sont mis en cause pour leur rôle dans la répression de la manifestation pacifique du 30 novembre. Enfin, la loi a été adoptée sans le soutien de l'opposition, ce qui va à l'encontre de l'esprit de consensus qui avait marqué la journée de mardi.