Que faisiez - vous le dimanche ۲۵ janvier ۲۰۰٤?Grâce à l’exploration spatiale, je peux répondre aisément à cette question! Je me trouvais devant l’écran de mon ordinateur et je suivais en direct l’arrivée bondissante de la seconde sonde de la mission américaineMars Exploration Roverssur la planète Mars. Trois semaines auparavant, le ٤ janvier, la première sonde de cette mission ambitieuse s’était posée sans encombre sur notre voisine rouillée et les images des déambulations martiennes du robotSpiritinondaient les écrans du monde entier. Je me souviens que l’ambiance était très particulière dans la salle de commande du Jet Propulsion Laboratory lors de cette arrivée. Il faut rappeler ici que deux des plus récentes missions martiennes de la NASA avaient été des échecs cuisants et les responsables semblaient plutôt tendus, car, à la différence d’une superproduction hollywoodienne où le héros s’en sort toujours à la fin, on ne connaissait pas du tout l’issue du spectacle.Le décryptage en temps réel du signal radio envoyé par la sondepermit de suivre l’entrée dans l’atmosphère, la décélération titanesque, l’ouverture du parachute, l’allumage des rétrofusées, les premiers rebonds de la grappe d’airbags qui enveloppaient la sonde, et puis, plus rien, silence radio… Alors que les ingénieurs et les astronomes applaudissaient déjà et se congratulaient, on put voir les visages redevenir sérieux, puis de plus en plus graves au fil des minutes qui passaient sans un bip deSpirit. C’était terriblement angoissant, c’était la vie, la vraie, et ce n’était pas vraiment réjouissant.Je dois avouer qu’après tant de tension, lorsque, au bout de dix minutes de silence, le contact fut enfin rétabli avec la sonde et que la salle entière hurla d’une joie libératrice, j’essuyai une petite larme d’émotion, comme Sean O’Keefe, alors grand patron de la NASA. L’intensité exceptionnelle de ces instants privilégiés de l’exploration du Système solaire n’échappa nullement aux politiciens américains puisque, le ۲۵ janvier suivant, pour l’arrivée tout aussi parfaite d’Opportunity, la salle de commande fut « envahie» par l’ancien vice - président des États - Unis Al Gore et par l’acteur et gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger comme s’il s’agissait du plateau du dernier talk - show à la mode!Dix ans après, le robot mobileOpportunity, conçu pour une mission de ۹۰ jours et des déplacements de quelques centaines de mètres, est toujours en activité et il a parcouru près de ۳۹ kilomètres sur le sol martien. Son jumeau,Spirit, n’a plus communiqué avec la Terre depuis le ۲۲ mars ۲۰۱۰, mais il a comptabilisé pas loin de ۸ kilomètres lors de ses pérégrinations dans le cratère Gusev et il a, lui aussi, fonctionné bien au - delà de ce pour quoi il avait été fabriqué.En guise d ' hommage, j ' ai sélectionné quelques imagessur les ۳۲۰ ۰۰۰ obtenues par les instruments de ces deux robots et je vous indique plus bas plusieurs sites sur lesquels vous pourrez admirer encore plus de paysages martiens et découvrir le bilan scientifique actuel de la missionMars Exploration Rovers.Les airbags dégonflés et le nid douillet deSpiritphotographiés par le robot en janvier ۲۰۰٤. © NASA / JPL / CornellCoucher de soleil martien sur les contreforts du cratère Gusev parSpirit. © NASA / JPL / Cornell / Texas A&MDans les dunes sombres d’El Dorado(Spirit, ۳۰ décembre ۲۰۰۵). © NASA / JPL / CornellLa poussière martienne recouvre progressivement les panneaux solaires deSpiritdiminuant leur efficacité. © NASA / JPL / CornellOpportunitysur le bord du cratère Victoria. © NASA / JPL / CornellLa dernière image couleur envoyée parSpirit. © NASA / JPL / Cornell / Emily LakdawallaAutoportrait d’Opportunitysur le bord du cratère Endeavour(۹ mars ۲۰۱۲). © NASA / JPL / CornellDes traces d’argile devantOpportunity(fausses couleurs). © NASA / JPL / CornellAutoportrait d’Opportunity au début du mois de janvier 2014. La poussière diminue l’efficacité des panneaux solaires de près de 40 %.