Présenter un médicament de façon positive à un patient souffrant d'épisodes migraineux pourrait doubler son efficacité, selon une récente étude américaine. Une découverte qui pourrait modifier sensiblement le quotidien des malades.
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L ' effet placebo, qui permet dans certains cas de traiter une maladie grâce à un mécanisme psychologique, n ' a plus de secrets pour les scientifiques. Pourtant, dans le cas de la migraine, cette technique pourrait présenter des avantages encore inexploités. Selon une étude publiée dans la revueScience Translational Medecine, l ' efficacité d ' un traitement contre ce type de céphalées pourrait être atténuée ou renforcée selon le message délivré par le médecin. Des chercheurs de l ' école de médecine de Harvard, aux États - Unis, ont mené une expérience sur ٦٦ patients âgés de plus de ۱۸ ans et souffrant de migraines depuis au moins trois ans. Chaque participant a reçu sept enveloppes à ouvrir lors des crises de migraine. Dans la première se trouvait un journal pour leur permettre de décrire l ' intensité des symptômes. Sur les six autres enveloppes, certaines renfermaient des étiquettes sur lesquelles était inscrit la mention " ۱۰ mg de rizatriptan(un traitement efficace) ", d ' autres la mention " placebo " et enfin d ' autres l ' inscription " rizatriptan ou un placebo ". Tous les volontaires devaient ensuite décrire l ' évolution de la douleur deux heures après la prise du comprimé.

Un partenaire non reconnu des médicaments

Les étiquettes ne correspondant pas systématiquement aux traitements à l'intérieur des enveloppes, les patients n'ont pas toujours ingéré le comprimé qu'ils pensaient prendre. "Quand ils ont reçu le rizatriptan étiqueté 'placebo', ils ont été traités par le médicament, mais sans aucune attente positive", explique l'un des auteurs. "Notre but était d'isoler son effet pharmaceutique. Inversement, le placebo faussement étiqueté 'rizatriptan' était une tentative d'isoler l'impact de l'effet placebo". Conclusion : sur les 435 crises de migraines prises en compte, les chercheurs se sont aperçus que, même si le rizatriptan s'est révélé plus efficace contre les maux de tête, l'effet placebo représente au moins 50% du soulagement de la douleur globale des patients ayant participé à l'étude. Cette découverte indiquerait qu'un traitement pourrait doubler son efficacité grâce à une amélioration de l'effet placebo. "Cette étude a précisé les effets cliniques du médicament et du placebo d'une manière unique", ajoute le professeur Kaptchuk, principal auteur de ces travaux. "Notre découverte montre que le niveau de soulagement de la douleur des patients était presque identique quand on leur a fait croire qu'un médicament actif était un placebo ou qu'un placebo était un vrai anti-migraineux."