Répondant aux dernières rumeurs sur l’état de santé de Michael Schumacher, le docteur Gary Hartstein a publié un billet sur son blog cette semaine. L’ancien délégué mondial de la FIA y dresse un tableau plutôt noir sur les évolutions possibles alors que le septuple champion du monde reste plongé dans un coma artificiel au CHU de Grenoble. Gary Hartstein continue de suivre de près l’état de santé de Michael Schumacher, plus de trois semaines après l’accident de ski de l’ancien pilote de F1, tombé le 28 décembre à Méribel et plongé depuis dans un coma artificiel au CHU de Grenoble. L’Américain, ancien délégué médical de la F1 (il était à ce titre dans la voiture médicale sur les Grand Prix entre 1997 et 2012 en tant qu’adjoint de Sid Watkins puis en numéro un), a publié un billet cette semaine pour donner son point de vue sur l’état de santé du septuple champion du monde. "Je dois préciser que je n’ai pas vu Michael, pas vu ses analyses, et pas eu de contact avec l'équipe médicale s'occupant de lui, explique-t-il en préambule. Je vais fonder mes propos sur ce qui a été dit par son équipe médicale, sur les choses qui n'ont pas été dites, et sur mon expérience clinique (et celle de mes collègues) avec des patients touchés de manière similaire." Le docteur Hartstein dresse un tableau de l’état de santé actuel de "Schumi", rappelant que l’Allemand est toujours plongé dans un coma artificiel et en découlant quelques faits (comme la pratique d’une trachéotomie pour assurer la respiration). Mais son constat est implacable sur les chances de survie de Schumacher et surtout sur son possible état si les médecins devaient dans les prochaines semaines le faire sortir de ce coma artificiel. Pour lui, la pression intracrânienne, élément qui inquiétait les médecins durant les premiers jours au point de ne pas pouvoir réaliser d’opération pour réduire les traumatismes, a sans doute baissé et n’est plus un problème majeur. "Un triomphe si Michael est capable de marcher..." En revanche, l’Américain a noté un point sensible: un hématome au niveau gauche mais aussi central du cerveau, comme révélé par l’équipe médicale lors des précédentes conférences de presse. "Le milieu est l'endroit où toutes les choses importantes se gèrent, la sensibilisation, l'excitation, le contrôle de la pression artérielle, la respiration, la déglutition etc. Et la gauche, généralement le langage. Le neurochirurgien, intentionnellement ou non, a brossé un tableau neurologique plutôt catastrophique." Et Hartstein de poursuivre son tableau noir: "Il est extrêmement peu probable (et honnêtement impossible virtuellement) que le Michael que l’on connaissait avant l’accident revienne. Je pense qu'il devra être considéré comme un triomphe de la résilience physique humaine, et des soins intensifs neurologiques modernes, si Michael est capable de marcher, se nourrir, se vêtir, et s’il conserve des éléments importants de sa personnalité antérieure. Si la récupération se déroule à ce point (ce qui est tout à fait possible, mais bien improbable), il faudra savoir si les «fonctions supérieures» (mémoire, concentration, la lecture, la planification, etc) seront guéries. S'il vous plaît soyez bien conscients que j'aimerais avoir tort à ce sujet !" Hartstein laisse une petite note d’optimisme. "Il y a des raisons de s’inquiéter, beaucoup s’inquiéter. Mais aucune de perdre espoir. Tous les gens qui ont travaillé avec des patients atteints de lourds traumatismes crâniens (et dont on n’attendait pas une amélioration) ont vu des personnes se rétablir de manière acceptable.Tout ce que nous pouvons faire, c'est attendre, prier et être derrière Michael et ses proches." L’attente continue mais l’inquiétude demeure.