Les dettes pèsent de plus en plus sur les Français. Au troisième trimestre, selon la Banque de France, elles représentaient un montant de 1.156 milliards d’euros, en hausse de 0,8% sur trois mois et de 2,4% sur un an. Si ce chiffre peut paraître abstrait, précisons qu’il représente 56,3% du PIB et surtout 83,1% du revenu disponible cumulé des ménages, ce qui constitue un plus haut au sein de l’historique fourni par la BdF (jusqu’à 1996). Une tendance à la hausse depuis plusieurs années La hausse des prix de l’immobilier ces dernières années n’est bien entendu pas étrangère au phénomène. Mais ce ratio pâtit aussi d’un effet de ciseaux car la hausse des revenus est lente, beaucoup plus lente en tout cas que celle des dettes. Le revenu disponible n’a augmenté que de 0,3% en trois mois (contre +0,8% pour les dettes) et de seulement 0,6% en un an (contre 2,4% pour les dettes). La tendance n’a toutefois rien de nouveau. L’endettement des ménages a en effet pris une pente ascendante au cours des dernières années et plus particulièrement depuis que la crise a éclaté. En un an, le ratio d’endettement a enflé de 1,5 point. Et depuis 5 ans, il a bondi de plus de 10 points. L’Europe a enclenché la marche arrière Les Français vont ainsi à l’inverse du mouvement enclenché en Europe. Dans la zone euro, le taux d’endettement des ménages a reculé de 0,6 point en un an et de 1,5 point en deux ans. L’exemple allemand est encore plus spectaculaire puisque l’endettement de nos voisins d’outre-Rhin a chuté de 6 points depuis 2009. Petite consolation, les Français demeurent cependant moins endettés que les Européens dont les dettes représentent encore plus de 97,5% des revenus. Même les Allemands sont encore au-dessus malgré leurs efforts. Au dernier pointage (deuxième trimestre), leur ratio d’endettement était de 84%. Mais au vu des tendances actuelles, les courbes pourraient bientôt se croiser...