Le burn-out, véritable mal de notre société actuelle ? Oui, à en croire une étude du cabinet Technologia, selon laquelle nombreux seraient les salariés à souffrir du syndrome d'épuisement au travail. Le cabinet Technologia, spécialiste de l'évaluation et de la prévention des risques liés à l'activité professionnelle, a publié mardi une étude clinique* sur le burn-out, également appelé syndrome d'épuisement (émotionnel, physique et psychique). Et selon le cabinet, près de 3 millions de salariés français seraient en situation de risque élevé de burn-out, soit 7-8% des actifs. Pour mieux définir ce syndrome d'épuisement, les auteurs de l'étude l'ont défini par deux sentiments distincts, ressentis par les salariés : le travail excessif ("Je travaille trop") et le travail compulsif ("Je ne peux pas ne pas travailler"). Parmi les secteurs professionnels les plus touchés se trouvent majoritairement les agriculteurs et exploitants, qui sont 24% à souffrir de travail excessif et compulsif, ce qui concernerait un peu plus de 122.000 personnes. Ce sont ensuite les artisans, commerçants et chefs d'entreprise, qui sont, eux, 20% à être proches du burn-out, soit près de 331.000 salariés touchés. Les employés sont, eux, 7% à parler à la fois de travail excessif et compulsif, contre 13,2% chez les ouvriers. Epuisement émotionnel des cadres Si le taux de cadres et professions intellectuelles supérieurs n'est pas le plus haut, avec 19% d'entre eux au bord de l'épuisement, ils restent néanmoins les plus nombreux, avec plus de 680.000 personnes possiblement concernées. "L'épuisement émotionnel est plus fort chez les cadres : le plus fort taux de fatigue à la fois le matin et le soir montre cette fragilisation. Ils sont d'ailleurs plus nombreux à se dire vidés émotionnellement par leur travail (les femmes plus que les hommes)", note Technologia. Les raisons de ce développement du mal-être au travail sont variées et nombreuses, comme notamment "la pression insidieuse de certains dirigeants, adeptes d'une 'novlangue' qui masque la réalité : aujourd'hui, le salarié se doit d'être 'disponible' (travailler jour et nuit), 'connecté' (répondre à ses e-mails sur le champ), 'joignable' (laisser son portable allumé)", constate de son côté l'hebdomadaire L'Express, qui révèle l'étude dans son édition de mercredi. Face à ce constat, Technologia appelle à une reconnaissance "de trois nouveaux tableaux de maladies professionnelles liées à l'épuisement : la dépression d'épuisement, l'état de stress répété conduisant à une situation traumatique et le trouble d'anxiété généralisée".