Ces quelques heures qui ont séparé l'invitation onusienne faite à Téhéran pour prendre part à Genève II et le retrait de cette même invitation sous pression de l'axe Riyad/Washington , des analyses les plus saugrenues ont paru dans les colonnes des journaux arabes . Celle du journal libanais Al Nahar, journal pro Hariri en est une . le journal est allé même jusqu'à voir dans le feu vert us à la présence iranienne à ces pourparlers , le signe d'une volonté américaine de remettre la gestion du dossier syrien entre les mains de Téhéran : "Les positions de ces dernières semaines des responsables américains montrent une réalité : en dépit de leurs intenses efforts, les Etats Unis attendent peu des pourparlers de Genève II. ils ne s'attendent pas à ce que les débats apportent quelque chose de concret, néanmoins à l'issue des premiers rounds des débats . Kerry reconnait bien le rôle axial de Moscou , son poids auprès d'Assad , un rôle promu évidement après l'accord sur le désarmement chimique signé entre Moscou et Washington. mais il semblerait que les Etats Unis comprennent de mieux en mieux la place qu'occupe Téhéran dans ce dossier, une place qui est même plus importante que celle des Etats Unis . à Washington tout comme au sein des think tank qui élaborent la diplomatie américaine, l'idée dominante est désormais celle -ci : vu la présence massive des combattants pro iraniens en Syrie, Hezbollah et irakiens , où ils aident Assad et son armée à combattre les terroristes , il n'est pas faut de prétendre que c'est bien Téhéran qui a maintenu le régime syrien en l'état , qui a empêché jusqu'ici le démembrement de la Syrie par les anti Assad . car la Syrie , sans l'Iran, aurait du être morcelée et se réduire à des régions côtières à majorité alaouite. cette appréciation nouvelle du rôle iranien est aussi celle de Kerry qui a dit souhaiter , à sa sortie des débats à Montreux, retrouver Rohani à Davos où se tient le forum économique international. selon les sources consultées par Al Nahar , les contacts irano américains en ce sens ont été jusqu'ici constructifs et les parties travaillent à ce que cette rencontre aient effectivement lieu. c'est pourquoi les américains n'attendent pas trop de Genève II, fait reconnu d'ailleurs par Robert Ford l'ex ambassadeur US en Syrie qui dit s'attendre à des " mois de négociations autour de la Syrie"; la principale raison de ce doute sur les chances de succès de Genève II s'enracine dans la personnalité d'Assad . Assad refuse catégoriquement toute solution qui mettrait un terme à son pouvoir d'autant plus qu'il est en ce moment bien gagnant sur le terrain des combats et qu'il peut même penser à un processus de compromis avec ses opposants un peu à la manière des israéliens et des arabes . l'Iran pourrait ne pas être invité finalement . mais son ombre est là et il est fort à parier que l'avenir de la Syrie se décide non pas à Montreux mais bien à Davos ou à Munich!