Des milliers d'opposants au droit à l'avortement, dopés par l'exemple espagnol, défilaient ce dimanche à Paris, à l'appel d'organisation catholiques. La plupart portent un foulard rouge autour du cou pour rappeler les couleurs de l’Espagne, où l’avortement redevient un délit passible de la prison, sauf en cas de «danger psychique et physique» pour la mère ou de viol. Plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées contre le droit à l’avortement, ce dimanche à Paris à 14h30, place Denfert-Rochereau, à l’appel d’organisations catholiques. IVG, le grand retour en arrière espagnol Par François Musseau On est loin des foules des manifestations contre le mariage homosexuel de l’année dernière. L’ambiance est bon enfant, des familles à l’allure bourgeoise marchent calmement au côté de prêtres, des députés espagnols sont mêlés à la foule, des «Viva Espana» fusent. Le collectif à l’origine de cette neuvième «Marche nationale pour la défense de la vie» avait bien insisté sur la «bonne humeur et l’espérance comme fil conducteur», et demandé aux participants de «ne pas tomber pas dans le piège d’une réaction violente». VEILLÉE DE PRIÈRES Les mères de famille sont bien représentées. Odile, 45 ans, est mère de trois enfants : «Je suis là pour défendre la vie depuis la conception jusqu’à la fin de vie. Le gouvernement prend des mesures mortifères au niveau de la liberté de conscience.» Même si l’opposition au droit à l’avortement est le premier mot d’ordre, à la veille de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi pour l’égalité hommes femmes, les manifestants s’insurgent aussi contre les projets du gouvernement concernant la fin de vie. Une «Veillée de prières pour la défense de la vie» avait été organisée la veille, à l’église Saint-François-Xavier, dans le VIIe arrondissement, et des évêques étaient attendus dans le cortège. Les organisateurs se félicitent du soutien apporté par le pape François à leur mouvement. Dans un message aux organisateurs, publié par la radio du Saint-Siège, le nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura, a écrit que «le pape François est informé de cette initiative en faveur du respect de la vie humaine et salue les participants à cette marche et les invite à maintenir vive leur attention pour ce sujet si important». Timothée, la quarantaine, prêtre, explique : «L’avortement en France, c’est une succession d’insultes et de mépris. Nous sommes là pour la défense de l’enfant à naître, et la défense de la femme et pour la liberté d’expression». Sur une pancarte, ce slogan : «Arrêtez de nous avorter», signé «Un trisomique épargné». Sur une scène installée sur un camion sonorisé, les prises de paroles se succèdent, notamment Cécile Edel, porte-parole du mouvement. Tous se félicitent de la nouvelle législation espagnole, où la malformation du fœtus ne constituera plus une raison valable d’interruption de grossesse, sauf si ses chances de survie sont très faibles, et même là les obstacles administratifs seront énormes.