Le directeur technique de Mozilla revient sur la nature open source du navigateur Firefox et notamment au regard de l'affaire PRISM. L'année 2013 fut marquée par la révélation des pratiques de la NSA dans le cadre de l'affaire PRISM. Selon Edward Snowden, ex-informaticien employé par le gouvernement américain, l'agence nationale de sécurité dispose d'un programme de grande envergure afin de récupérer les méta données des échanges des internautes, qu'ils utilisent les produits de Google, Microsoft, Apple ou Facebook. Pour Mozilla l'implémentation de mouchards au sein de Firefox reste très difficile à concevoir. Depuis plusieurs années les éditeurs de navigateurs, qu'il s'agisse, de Microsoft, Google, Apple, ou Mozilla renforcent l'implémentation des technologies du HTML5 et peaufinent toujours un peu plus les moteurs de rendu et d'exécution JavaScript. Pour Brendan Eich, directeur technique de Mozilla et créateur du langage JavaScript, la nature même du projet Firefox est un argument non négligeable. En reprenant les dessous de l'affaire Lavabit, l'homme rappelle que le gouvernement finira toujours par accéder aux données de l'utilisateur, quelle que soit la position de la société et les mesures de protection mises en place car « la plupart des grosse sociétés doivent se soumettre à la loi ». Or « aujourd'hui chaque navigateur est édité par une organisation potentiellement dans le champ d'action des lois de surveillance ». Selon Brendan Eich, il n'est pas impossible qu'un jour le gouvernement demande à ces éditeurs de navigateurs d'ajouter discrètement un morceau de code à leurs applications créant une porte dérobée via laquelle la NSA récupèrerait les données de surf des internautes. Or selon M. Eich, seul Firefox est véritablement open source, ce qui signifie que son code source peut être passé au crible par n'importe qui souhaiterait l'optimiser, le corriger ou simplement surveiller chacune des modifications apportées. Internet Explorer est un logiciel propriétaire de Microsoft, et si les moteurs de rendu WebKit et Blink sont open source, Chrome et safari « contiennent des fractions importantes de code propriétaire ». Brendan Eich lance ainsi un appel et encourage la communauté à passer régulièrement au crible le code de Firefox afin d'établir un contrat de confiance avec la fondation Mozilla.