«Cristiano, comment réagissez - vous à cette victoire?Ça a été beaucoup d’émotion pour moi. Surtout quand j’ai vu ma maman pleurer. C’est vraiment un moment très important, que je partage avec mes équipiers du Real Madrid. Ce sont eux qui ont contribué à ce que je gagne ce soir. Ce trophée est pour eux et pour le club aussi. Parce qu’on ne gagne rien tout seul.Vous semblez plus ému que lors de votre premier Ballon d’Or, en ۲۰۰۸?En ۲۰۰۸, c’était important parce que c’était le premier. Mais ce soir, il y a sûrement plus d’émotion. Ma mère était présente, mon fils aussi. C’est pour ça que je suis très fier d’avoir gagné ce Ballon d’Or, même si Ribéry méritait ce trophée autant que moi car il a connu une grande saison. Messi aussi d’ailleurs. «Je pense que j ' ai appris pas mal de choses de mes défaites dans la course au Ballon d ' Or les années précédentes»Vous n’aviez pas peur que ce trophée vous échappe encore, une fois de plus?J’attendais, comme les autres fois. J’avais confiance, mais jusqu’à ce qu’on prononce votre nom, vous ne savez jamais. Franchement, l’impression que j’ai ressentie à ce moment - là a été énorme.Qu’est ce qui a fait la différence à votre avis? Vos buts avec le Portugal en barrages contre la Suède?Je crois que c’est un ensemble. Tout est important, et notamment le fait de marquer régulièrement. Je pense aussi que j’ai appris pas mal de choses de mes défaites dans la course au Ballon d’Or, les années précédentes.Quel est votre but en ۲۰۱٤?Gagner des titres, marquer… Et travailler, encore et toujours, pour essayer d’être meilleur. C’est la seule recette que je connaisse.»Propos recueillis par Thierry Marchand, à ZurichRetrouvez en exclusivité dans leFrance Footballde mardi le détail des ۵٤۱ votes et un entretien avec Pelé.
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La boxe, le foot, deux sports, le premier individuel, le second collectif, et des ressemblances, ou plutôt des rapprochements - si l’on se veut plus prudent - qui ne sautent pas forcément aux yeux. Pourtant, si l’on opte pour une démarche entièrement tournée sur le sportif(sa gestuelle, ses qualités, sa manière d’appréhender et de pratiquer sa discipline, sa façon d’être et de se comporter, son aura) on peut oser ou au moins poser quelques comparaisons. Et notamment celle entre Cristiano Ronaldo, tout juste désigné FIFA Ballon d’Or ۲۰۱۳(son deuxième sacre après celui de ۲۰۰۸), et «the greatest» Mohamed Ali, plusieurs fois champion du monde des lourds et médaillé d’or aux Jeux olympiques de Rome en ۱۹٦۰. Pour Louis Acariès, ancien boxeur français champion d ' Europe, c’est niet. «Je ne vois pas beaucoup de similitudes, répond celui qui fut entre ۲۰۰٤ et ۲۰۰۸ conseiller de Robert Louis - Dreyfus à l’Olympique de Marseille.Même pas dans le goût du spectacle.» Réaction quasi identique chez Jean - Marc Mormeck, pour qui le parallèle entre les deux hommes est bancal. «Cristiano Ronaldo est un excellent joueur, reconnaît le double champion du monde des lourds - légers,aucun souci là - dessus, mais… de là à dire que c’est le Mohamed Ali du foot… J’en doute.» D’autres voient la question d’un œil différent et apportent une réponse plus nuancée, parfois pas très loin de l’affirmative. «Dans le comportement, ils ont en commun l’élégance, l’intelligence de jeu dans leur discipline, et l’efficacité, énumère Jean - Claude Bouttier, champion de France et double champion d’Europe chez les moyens.Cristiano Ronaldo a des gestes que les autres n’ont pas, comme Mohamed Ali à son époque. Et ce qu’ils disent en dehors du terrain de leur discipline, ensuite ils le font, poursuit ce grand amateur de football.Ce sont tous les deux des champions d’exception.» Sur la même longueur d’ondes que l’ancien consultant de Canal +, Brahim Asloum pousse la comparaison un peu plus loin. «Ce qu’a fait Ali à son époque, aucun poids lourd n’est capable de le faire aujourd’hui. Par sa morphologie, sa technique, sa vitesse, il était en avance. C’était le boxeur complet, fort dans tous les compartiments. Cristiano Ronaldo, c’est exactement ça. Techniquement, physiquement, dans le placement, il va plus vite que tout le monde. C’est le prototype du joueur de foot du XXIe siècle. Tu le mets dans n’importe quelle équipe, et même à n’importe quel poste, il sera toujours excellent grâce à ses qualités intrinsèques, estime le champion du monde et champion olympique mi - mouches. Même l’arrogance qu’ils ont leur va bien. Et ils peuvent se permettre de l’être. Sur le moment, tu les aimes ou pas. Mais si tu prends du recul par rapport à cette prétention, tu vois ensuite comment ils sont capables d’assurer, et pour ça il faut être un méga champion.»