A l ' appel de cinq syndicats, des taxis engagent un mouvement de grève ce lundi pour protester contre la concurrence à leurs yeux déloyale des véhicules de tourisme avec chauffeur. Selon eux, plus de ۵۰۰۰ taxis seront présents. La police avance le chiffre de ٦۰۰. Une mobilisation nationale devrait être annoncée ce mercredi.

Grosse pagaille en vue ce lundi matin au nord et au sud de Paris. Plus de ۵۰۰۰ taxis selon Nordine Dahmane, secrétaire général de FO - UncpTaxi et Ouanfouf Djillali responsable du SDCTP sont prêts à bloquer les rues de la capitale. Avec leurs collègues de la CFDT, la CGT et la CST, ces chauffeurs adhérents de syndicats minoritaires dans la profession se rassemblent depuis ٦ heures ce matin aux aéroports de Roissy et d ' Orly, d ' où ils convergeront vers la place Vauban près des Invalides. Ils s ' y retrouveront aux alentours de ۱۱ heures. «Nous voulons rencontrer le premier ministre Jean - Marc Ayrault à qui nous avons écrit mais qui ne nous a toujours pas répondu», précisent les deux syndicalistes. La police table de son côté sur un rassemblement de ٦۰۰ taxis. La manifestation des syndicats minoritaires ce lundi matin n ' est qu ' un début. Selonnos informations, l ' intersyndicale réunissant l ' ensemble des syndicats de la profession, y compris les majoritaires comme la FNAT, la FNTI, la FFTP, l ' UNIT ou l ' UNT…, doit se réunir ce mercredi. «Il faut s ' attendre à une mobilisation d ' ampleur nationale car l ' exaspération des ۵۵ ۰۰۰ taxis français est très grande», indique auFigaro, André Alogna, président de la FNTI. La première revendication des taxis porte sur les voitures de tourisme avec chauffeurs(VTC) dont ils considèrent la concurrence comme déloyale. «Le gouvernement cherche à tuer notre profession réglementée. Pour démarrer dans le métier nous devons payer une licence de ۲٤۰ ۰۰۰ euros contre seulement ۱۰۰ euros pour les VTC, déplore Nordine Dahmane. Nous avons un cahier des charges très précis avec des horodateurs scellés, des périodes de formation, et d ' autres obligations que n ' ont pas les VTC». Dans un tract distribué ce lundi et diffusé sur Twitter, les organisateurs dénoncent les «multinationales du VTC(financées par Google, Goldman Sachs…), véritable lobby qui détruit nos emplois». Pour eux, la récente décision du gouvernement d ' encadrer l ' activité de ces VTC n ' est manifestement pas suffisante. Le ۲۷ décembre dernier, un décret a été publié qui impose aux VTC un délai minimal de ۱۵ minutes entre le moment où ils sont appelés et la prise en charge du client. «Pour éviter la disparition des taxis, le prix de la course minimale des VTC a été fixé à ۷۵ dollars à Vancouver et le délai minimal de prise en charge à ٦۰ minutes à Houston, explique Ouanfouf Djillali. Les taxis parisiens demandent la mise en place d ' une course minimale à ٤۰ euros et d ' un délai de prise en charge d ' une heure», poursuit - il.

En colère contre le relèvement de la TVA

Le décret français semble encore fragile: les principales sociétés de VTC prévoient de l ' attaquer devant le Conseil d ' État. Elles vont, qui plus est, être rejointes dans leur combat par un nouvel acteur de poids. Transdev, filiale de transports publics de la Caisse des dépôts, compte en effet également saisir le Conseil d ' État. Car l ' entreprise a, comme l ' ont révéléLes Échos , l'intention de se lancer sur ce marché. «Nous considérons que ce décret renforce une position anticoncurrentielle et entrave l'essor de notre activité actuelle et de nos activités futures», a déclaré à l'AFP le patron chez Transdev du transport à la demande, Paul de Rosen. Transdev ainsi que les autres sociétés de VTC peuvent aussi se prévaloir de l'avis, certes consultatif, de l'Autorité de la concurrence, qui a considéré mi-décembre que l'instauration de ce délai de 15 minutes minimum «constituerait une distorsion dans la concurrence entre VTC et radio-taxis, qui n'est pas justifiée par les impératifs d'intérêt général affichés». Les ambitions de Transdev, déjà présent sur le créneau du VTC partagé, attestent de l'intérêt croissant de cette activité, autorisée par la loi depuis 2009 et qui s'est développée avec la géolocalisation et les smartphones. Le marché a attiré plusieurs start-up comme LeCab, Snapcar ou encore Chauffeur Privé, ainsi que le poids lourd américain de ce métier, Uber, déjà présent dans plusieurs grandes capitales dans le monde. Parmi les autres motifs de colère des chauffeurs de taxi: le relèvement du taux de TVA, qui est passé de 7 % à 10 % ainsi que la mise en place d'appels d'offres pour le transport des malades assis.