En Turquie, les manifestations pro et anti-gouvernementales se poursuivent. Pour les partisans du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, Fethullah Gülen, activiste politique et religieux exilé aux Etats-Unis, est à l’origine de la crise politique, en Turquie. Fethullah Gülen a le bras long chez l’appareil judiciaire, les forces de police et les mass médias. Les partisans du gouvernement turc descendent dans la rue, pour apporter leur soutien à Recep Tayyip Erdogan. Ils considèrent les enquêtes judiciaires contre la corruption financière des hommes d’Etat, comme un complot, pour éliminer Erdogan de la scène politique. De leur côté, les opposants au gouvernement Erdogan réclament, haut et fort, la poursuite des enquêtes judiciaires visant la corruption financière dont ils accusent le gouvernement. Ils condamnent les efforts de monsieur Erdogan, pour vaincre l’appareil judiciaire. Les anti-Erdogan prennent part à des manifestations de protestation, pour, ainsi, faire entendre leur voix, non seulement, de la part de la population turque, mais aussi, de celle de la communauté mondiale. Les députés des partis d’opposition au Parlement turc viennent d’entraver une session, au cours de laquelle Ankara examinait un projet controversé lui permettant de profiter d’une large prérogative, au sein de l’appareil judiciaire. Au cri de «La corruption, partout», les députés de l’opposition, notamment, ceux du Parti de la République populaire, ont entravé la session. Des heurts ont, ensuite, éclaté entre les partisans et les opposants du gouvernement Erdogan. On dirait bien que les divergences de vue entre les pro et les anti-Erdogan ont semé la pomme de la discorde, non seulement, parmi les hommes d’Etat, mais aussi, parmi les citoyens turcs. Pour d’aucun, ces divergences de vue puisent dans les divergences de vue qui existent entre Fethullah Gülen et Recep Tayyip Erdogan. D’une part, Recep Tayyip Erdogan cherche à réduire l’influence traditionnelle des associations, dans les affaires politiques, sociales, économiques et éducatives du pays. Selon Erdogan, la poursuite des activités des instances traditionnelles signifie la poursuite des activités des réseaux souterrains, qui agissent, en tant que gouvernement de l’ombre. Ceci dit, le gouvernement Erdogan a, toujours, tenté d’éliminer lesdits groupes de la scène politique de la Turquie. D’autre part, Fethullah Gülen et ses partisans préfèrent jouer un rôle médiatique, éducatif et économique et opérer, indirectement, sur la scène politique. Là, on pourrait dire que la crise entre Gülen et Erdogan ne sera pas facile à régler. Cependant, tout dépend des mesures d’Erdogan et de sa manière de traverser la crise. En réalité, il s’agit d’une guerre du pouvoir et d’influence. Erdogan et Gülen pensent tous les deux que le résultat de cette guerre pourrait définir la prochaine gestion politique, en Turquie. Cette pensée sape tout espoir d’une réconciliation entre ces deux rivaux.