D ' après des analystes syriens, le gouvernement de Damas n’a jamais été inquiété par le dernier plan franco - saoudien pour le Levant qu’il considère comme mort - né mais redoute par contre l’impressionnant plan américain en cours en Irak Occidental.
Le plan franco-saoudien concocté un peu avant la visite du Président François Hollande en Arabie Saoudite consistait à agir au Liban en deux points: primo, utiliser l’armée libanaise pour tenter de circonsrire, voire désarmer le Hezbollah dont le rôle dans la guerre en cours en Syrie est assez déterminant et secundo, financer des achats d’armements au bénéfice de l’armée libanaise via des fonds saoudiens versés directement à la France, désigné par Ryad comme fournisseur exclusif. Pour des analystes de la CIA (Central Intelligence Agency), le plan ne pouvait être fiable car les capacités opérationnelles et tactiques du Hezbollah excèdent de loin celles de l’armée libanaise. Ces mêmes analystes vont jusqu’à considérer l’ensemble du plan franco-saoudien comme de la poudre aux yeux visant moins un quelconque gain stratégique qu’une opération destinée à faire engranger par Hollande une somme de 3 milliards de dollars US toujours bonne à prendre en ces temps moroses non sans souligner le peu de fiabilité qu’ils accordent à Hollande, soupçonné de ne pas croire à ce qu’il déclare et de courir derrière une opportunité gracieusement offerte par une Arabie Saoudite plus radicale que jamais dans ce qu’elle perçoit comme une lutte à mort contre l’axe du mal ou croissant Chiite formé par l’Iran, l’Irak et la Syrie… D’ailleurs, les tentatives d’infiltrations rebelles à partir du Liban se sont soldées par un échec cuisant. L’aviation syrienne, agissant sur les renseignements du Hezbollah, a anéanti en usant de bombes thermobariques des colonnes de rebelles en provenance du Liban ces dix derniers jours. Par contre ce que Damas redoute au plus au point actuellement est le plan US actuellement mis en oeuvre en Irak voisin. Et ce plan est non seulement à large spectre et à dimension régionale mais susceptible de faire balancer l’issue de la guerre en Syrie. Schématiquement, le plan US consiste à faire tomber les provinces occidentales d’Irak (Al-Anbar) entre les mains d’Al-Qaïda représentée par l’Etat Islamique d’Irak et du Sham (Syrie-Liban-Palestine) et du groupe de Daech, c’est-à-dire les principaux protagonistes de la guerre en Syrie. C’est ainsi qu’en quelques jours, les hordes de l’Etat Islamique d’Irak et du Sham ont investi des villes aussi importantes que Ramadi et Falloudjah où il serait très difficile pour l’armée irakienne de les en déloger même avec l’aide des Sahwas (milices Sunnites) issues de l’opération Surge de 2007 suivant les nouvelles règles de la contre-insurrection telles que rédéfinies par le général David Petraeus. Les informations en provenance d’Irak font état de l’effondrement, au moins dans deux situations, des forces irakiennes, pourtant assez bien équipées, devant l’avancée des extrémistes religieux les plus radicaux au monde. La chute éventuelle des provinces irakiennes contingentes à la Syrie pourrait rompre le continuum stratégique dont bénéficie Damas avec l’Iran via l’Irak du Premier ministre Al-Maliki et offrir aux rebelles les plus extrémistes une formidable base-arrière pour attaquer ou envahir les provinces orientales syriennes faiblement peuplées et très mal pourvues en troupes. Puisque le gros des effectifs est déployé au Nord face à la Turquie et au Sud face à Israël et à la Jordanie. Wissem Chekkat