Les Bangladais ont commencé à voter, dimanche 5 janvier au matin, pour des législatives boycottées par l'opposition et dont la campagne a été endeuillée par des dizaines de morts. La participation devrait être faible après l'appel du Parti nationaliste du Bangladesh et de ses alliés à boycotterle scrutin. Ils réclamaient la démission du gouvernement avant l'organisation d'élections, mais la première ministre Sheikh Hasina Wajed a refusé. Celle-ci est assurée d'être reconduite, les candidats de son parti, l'Awami League, ou de ses alliés se présentant sans concurrence dans 153 circonscriptions sur 300. Mais ce scrutin faussé, critiqué par les Etats-Unis et l'Union européenne, risque d'aggraver les violences et de faire le lit de« l ' extrémisme islamique», selon les observateurs. L ' opposante Khaleda Zia, ex - première ministre,de factoplacée en résidence surveillée depuis la fin décembre, a une dernière fois exhorté les Bangladais à« boycotter totalement cette farce scandaleuse»vendredi, accusant Sheikh Hasina de« tuer la démocratie». La première ministre l ' a en retour accusée de« prendre le pays en otage», alors quel ' opposition a appelé samedi à une grève générale dans ce pays de ۱۵٤ millions d ' habitants.NOUVELLES VIOLENCES SAMEDI Après l'échec de pourparlers récemment organisés sous l'égide de l'ONU, les Etats-Unis, l'Union européenne et le Commonwealth ont renoncé à envoyer des observateurs, affaiblissant un peu plus la crédibilité du scrutin et la position de Sheikh Hasina. Le Bangladesh a connu cette année les violences les plus meurtrières depuis sa création en 1971 à la suite de son indépendance du Pakistan. Selon une ONG, elles auraient fait jusqu'à 500 morts depuis janvier 2013, en comptant les victimes des heurts entre les forces de l'ordre et des militants protestant contre les condamnations à mort de dirigeants islamistes pour crimes de guerre commis en 1971. Et de nouvelles violences ont été signalées ces dernières heures. Samedi, des manifestants ont incendié ou tenter de le faire des dizaines de bureaux de vote et plusieurs personnes ont été tuées, dont un responsable de bureau de vote battu à mort dans le district de Thakurgaon, dans le nord. Un chauffeur de bus est aussi mort brûlé lorsque des militants de l'opposition ont jeté un cocktail Molotov sur son véhicule. Depuis les premières grèves et manifestations lancées en octobre pourfaire dérailler le processus électoral, ces violences ont fait plus de 150 morts.