Le plan prévoit notamment la création d'une filiale pour le démantèlement de la centrale dévastée. Tokyo Electric Power, la compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima, plus connue sous son acronyme de Tepco, a indiqué avoir présenté mercredi à une instance d'aide financière un nouveau plan de restructuration pour faire face aux coûts exorbitants consécutifs à la catastrophe nucléaire. Le patron de Tepco, Naomi Hirose, a soumis le projet à une instance de paiement créée spécialement après le désastre de Fukushima. Ce plan doit être présenté au ministre de l'Industrie vendredi pour recevoir en janvier l'approbation du gouvernement, lequel s'est engagé à être en première ligne pour venir à bout de la catastrophe. « Puisque le gouvernement a fait un pas en avant [pour aider Tepco, NDLR], la compagnie veut démontrer qu'elle progresse avec trois ou quatre longueurs d'avance », a déclaré à la presse Naomi Hirose, selon la chaîne de télévision NHK. Le conseil d'administration de Tepco a approuvé ce plan mardi. Il est en partie fondé sur un schéma financier s'appuyant sur l'option d'un redémarrage partiel des réacteurs nucléaires arrêtés dans la centrale Kashiwazaki-Kariwa située sur la côte ouest du Japon. Une remise en service de deux tranches en juillet prochain et de deux autres au printemps de l'année suivante (sur les 7 de ce complexe atomique) permettrait à la compagnie de faire d'importantes économies financières, ce qui rassurerait ses créanciers. Le plan comprendrait aussi les détails de la création annoncée la semaine passée d'une filiale spéciale pour le démantèlement de la centrale du nord-est, Fukushima-Daiichi, mise en péril par le tsunami du 11 mars 2011 et qui doit être démolie. Il intégrerait également un nouveau programme de départs anticipés afin de réduire les frais fixes de l'entreprise, selon les médias locaux. L'Etat a par ailleurs déjà décidé de se substituer en partie à Tepco pour financer l'achat de terrains dans la zone contaminée par les dégagements radioactifs de Fukushima-Daiichi, afin de créer un ou plusieurs sites d'entreposage de déchets souillés. A noter que plusieurs fuites d'eau contaminée ont été décelées récemment sur place. De nouveaux prêts Sur la base de ce plan de restructuration, Tepco serait aussi susceptible de recevoir de nouveaux prêts de 500 milliards de yens (3,5 milliards d'euros) de la part de 11 banques et autres organismes financiers. L'opérateur et l'Etat ignorent encore le coût total des dédommagements à payer pendant des années aux dizaines de milliers de victimes qui ont dû fuir leur maison à cause de la contamination radioactive. Reste aussi une inconnue, de taille : le montant à débourser pour le démantèlement des six réacteurs de la centrale Fukushima Daiichi, de même que pour la décontamination de la région alentour. Citant un document officiel, Bloomberg évoquait récemment une facture de 2,5 trillons de yens, soit 24 milliards de dollars. Le chantier, très complexe, a démarré (« Les Echos » du 8 novembre 2013).