Les services secrets sud-coréens contestent la version officielle avancée par la dictature, qui parle d'une «tentative de coup d'Etat». Ils avancent une hypothèse économique, liée au charbon. L'annonce de son exécution avait surpris même les spécialistes. Condamné à mort le 12 décembre pour avoir «trahi la nation», Jang Song-Thaek, l'oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, était considéré comme le numéro deux officieux du régime. Les services secrets sud-coréens ont dévoilé ce lundi ce qu'ils savent sur cette exécution, bouleversement politique le plus important en Corée du Nord depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un fin 2011 Les analystes ont vite écarté l'hypothèse d'une tentative de coup d'Etat, avancée par le régime: selon l'agence officielle nord-coréenne, Jang Song-Thaek aurait reconnu avoir commis un «crime aussi hideux que celui d'avoir tenté de renverser l'Etat par toutes sortes d'intrigues et de méthodes méprisables, avec l'ambition frénétique de s'emparer du pouvoir suprême de notre parti et de notre État». «Jang Song-taek ne constituait certainement pas une menace politique, objecte le chercheur Olivier Guillard. Il n'y a pas eu de début de coup d'État en Corée du Nord». Peu après l'annonce de l'exécution, des analystes avaient avancé l'hypothèse d'une lutte d'influence au sein de l'armée. Pour les services de renseignements sud-coréens, les raisons de la chute de Jang Song-Thaek sont avant tout économiques. L'oncle du leader aurait tenté de prendre le contrôle des très lucratives exportations de charbon du pays. Le charbon, première activité économique du pays «Jang intervenait trop dans les activités liées au charbon, ce qui suscitait de plus en plus de plaintes de la part d'autres entités étatiques», a déclaré ce lundi le député sud-coréen Jung Chung-Rae, rapportant les paroles du chef des renseignements devant un comité parlementaire. Des hauts responsables du parti unique se seraient plaint auprès de Kim Jong-un de l'attitude de son oncle. «Des proches de Jang n'ont pas immédiatement obéi aux ordres du dirigeant et une purge s'en est suivie», a précisé le député. La Corée du Nord, un pays pauvre après des décennies de gestion désastreuse, possède de grandes ressources minérales et ses exportations de matières premières vers la Chine constituent sa principale activité économique. Une centaines de mines seraient exploitées par l'Etat central. Les exportations nord-coréennes vers la Chine, principalement du charbon et du minerai de fer, totalisaient 2,4 milliards de dollars US en 2012, selon l'agence sud-coréenne de promotion du commerce et de l'investissement.