Les informations concernant l’accord des pays occidentaux... sur le prolongement des pouvoirs du président de la Syrie Bachar al-Assad ne correspondent pas à la réalité, a indiqué la porte-parole du département d'État des États-Unis Marie Harf.

Il y a quelques jours, certains médias ont indiqué, en faisant référence aux représentants de l’opposition syrienne basés à l’étranger, que les pays occidentaux «se seraient résignés» au fait que Bachar al - Assad reste au pouvoir dans un avenir proche et qu’il sera difficile de le convaincre de quitter son poste de président pendant les négociations sur la paix.

Mais où se trouve alors la vérité? Les déclarations des représentants de l ' opposition syrienne n’ont pas été faites par hasard.

«La vérité n’est pas loin», analyse la situation le politologue Vladimir Orlov. «Je pense que les États - Unis commencent à se faire à l’idée que Bachar al - Assad puisse rester au pouvoir. Si le président syrien démissionne, des hommes politiques avec des vues radicales vont arriver au pouvoir, et cela aura des conséquences négatives pour toute la région. Et on s’en rend compte à Washington. Mais pour l’instant, c’est le point de vue du «parti de la guerre» qui prédomine. Ses représentants ne peuvent pas se faire à l’idée qu’Assad puisse rester président. Donc nous continuons à entendre les mêmes déclarations de la part du Département d’Etat des Etats - Unis.»

Même son de cloche de la part du politologue Nahed Hattar.

«Après l’accord entre la Russie et les États - Unis sur les armes chimiques syriennes, il est devenu clair que la Russie peut imposer son jeu à Washington. Cela signifie logiquement que le président syrien pourrait rester au pouvoir. Il y a également d’autres raisons, pour lesquelles Assad ne doit pas partir. Les événements de ces deux dernières années en Syrie ont permis aux terroristes et aux extrémistes de repousser les membres de l’opposition modérée à l’étranger. Et le processus de destruction des armes chimiques syriennes, nécessite la présence d’un pouvoir fort à Damas. Enfin, l ' armée syrienne, subordonnée à Assad, est la seule force à pouvoir résister aux rebelles. Evidemment, les États - Unis ne se pressent pas de le reconnaître officiellement. Mais apparemment, après la détérioration des relations entre Washington et l ' Arabie saoudite, et l ' augmentation conséquente du soutien aux extrémistes de la part de Riyad, des mesures dans cette direction seront prises. Il y a quelques jours, le fameux «Front islamique», contrôlé par les services de renseignement saoudiens, a détruit le siège de l ' Armée syrienne libre et forcé le chef de l’armée à fuir à l ' étranger. Les extrémistes sont en train d’étendre progressivement leur influence. Cela représente une menace pour l ' ensemble des pays du Moyen - Orient, mais aussi pour la Russie, l ' Europe, et évidemment pour les États - Unis. Donc garder Assad au pouvoir – c’est la seule façon d ' empêcher la dégradation de la situation. Le temps est venu de l’admettre.»

Les Etats - Unis, pourront - ils changer leur position officielle par rapport à cette question?

«En septembre, les Etats - Unis ont été déjà forcés de reculer et accepter la proposition russe sur les armes chimiques syriennes», conclut Vladimir Orlov. «Et il peut arriver un moment, où les Américains seront à nouveau obligés de reconnaître la logique de Moscou sur le règlement du conflit syrien et renoncer au cours actuel concernant l’escalade du conflit. Car ce conflit est favorable uniquement aux éléments radicaux.»

Quoi qu ' il en soit, le destin du poste du président en Syrie pourra être résolu par les Syriens eux - mêmes pendant les élections qui devraient avoir lieu au cours de l’année prochaine.