En Grande-Bretagne, un ministre a reconnu l’implication des forces de sécurité britanniques dans l’enlèvement et le transfert secret des présumés terroristes.
Le ۱۹ décembre, le ministre sans portefeuille Ken Clarke a annoncé que le Comité parlementaire de renseignement et de sécurité sera chargé d’examiner les révélations concernant l’implication du Royaume - Uni dans des actes de torture et des violations des droits humains dont auraient été victimes des personnes détenues à l’étranger dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme. Il a annoncé: « Le rapport provisoire de l’enquête relative aux détenus a mis en lumière ۲۷ points qui nécessitent un examen plus poussé, ce qui souligne le besoin d’une enquête efficace et indépendante, dans le respect des droits humains. Ces accusations sur l’enlèvement et le transfert secret des présumés terroristes, après l’événement du ۱۱ septembre, ont éclaboussé le prestige de la Grande - Bretagne». Ken Clarke a tenu ces propos après la publication, par le juge Peter Gibson, d’un rapport sur la violation des droits de l’Homme et la torture. Sur fond des critiques virulentes à l’encontre du bilan des organisations de renseignements notamment MI٦ et MI۵ dans les évolutions suivant à l’événement du ۱۱ septembre, une commission d’enquête fut formée sous la supervision de Peter Gibson, un juge retraité qui devait présenter un rapport en examinant les documents et les dossiers confidentiels. Le juge a ouvertement déclaré dans son rapport que le gouvernement britannique et les agences de renseignements avaient été impliqués dans les opérations secrètes lors desquelles les présumés terroristes étaient enlevés et transférés vers les différentes régions du monde. Selon le rapport, les organisations de renseignements britanniques sont impliquées dans la torture des prisonniers. Le rapport de Peter Gibson s’appuie sur de nombreux documents pour confirmer que les Etats - Unis et la Grande - Bretagne ont coopéré pour le transfert des présumés terroristes. Parmi les présumés terroristes, transférés par les Etats - Unis et la Grande - Bretagne, certains fut emprisonnés dans la prison de Guantanamo, aux Etats - Unis, et certains d’autres dans la prison de Bagram, en Afghanistan. Cette enquête révèle que les agents du MI٦ ne furent pas contraints de rapporter les cas de violation de la convention de Genève. Parmi ces opposants au colonel Kadhafi, figure l ' actuel commandant militaire de Tripoli, Abdelhakim Belhaj, qui affirme avoir été transféré en Libye depuis l ' Asie, avec la complicité des Britanniques, et avoir été torturé. Cependant, le gouvernement de l’époque dit n’avoir pas été au courant de cette affaire. Dans ce droit fil, le Premier ministre britannique, David Cameron, reconnait que la publication de ce rapport, révélant la violation des droits de l’Homme par le gouvernement britannique, a porté atteinte au prestige de Londres. Par ailleurs, les groupes pour la défense des droits de l’Homme en Europe ont rendu public de nombreux rapports sur les cellules secrètes de la CIA auxquelles les présumés terroristes étaient transférés. Ces rapports ont donné lieu à une résolution qui a été émise, en ۲۰۱۲, par les membres du Parlement européen, dans la ville de Strasbourg. Cette résolution demande aux Etats membres de l’Union européenne de mener des enquêtes sur une éventuelle existence des cellules secrètes de la CIA dans leurs pays. Les eurodéputés ont aussi demandé à la Finlande, au Danemark, au Portugal, à l’Italie, à la Grande - Bretagne, à l’Allemagne, à l’Espagne, à l’Irlande, à la Grèce, au Chypre, à la Roumanie et à la Pologne de rendre public toutes les informations concernant les activités illégales et secrètes de la CIA dans leur pays respectif.