«Il est vrai que certains aspects du projet de loi, notamment l'affirmation de principes de laïcité de l'État et d'égalité des hommes et des femmes, suscitent un appui des plus fermes de la part du conseil d'administration et du sénat. Nous ne pouvons toutefois cautionner d'autres éléments clés du projet, par exemple les mesures interdisant aux employés de l'Université de porter des symboles religieux», soutient l'établissement d'enseignement. Concordia ne veut pas qu'une supervision ministérielle lui dicte comment développer et appliquer ses politiques en matière d'accommodements religieux. Environ 75% des étudiants de l'Université sont québécois. Or, l'établissement comporte aussi un nombre important d'étudiants étrangers et mise sur cette diversité pour faire connaître l'institution. «Originaires de plus de 150 pays, nos 6300 étudiants étrangers représentent près de 15% de notre effectif. Un très grand nombre de ceux qui ne parlent pas déjà le français prennent soin de l'apprendre. Ils seront également fort nombreux à s'intégrer dans la société québécoise une fois leurs études à Concordia terminées», est-il écrit dans la déclaration commune. «À notre avis, l'adoption du projet de loi no 60 dans sa forme actuelle rendra plus difficiles le recrutement et la rétention d'étudiants, d'employés et de professeurs», ajoute-t-on. Pour Concordia, ceux qui travaillent à l'Université ne sont pas des employés de l'État. La déclaration commune publiée aujourd'hui rappelle que les établissements d'enseignement universitaires ont longtemps été assujettis à l'Église. Au fil du temps, par contre, ce lien a été remplacé par une notion d'indépendance vis-à-vis de la religion, mais aussi de l'État. Que les universités reçoivent des subventions gouvernementales n'en font pas «des unités ou des organes gouvernementaux». «Une société démocratique forte se distingue par la vigueur et l'indépendance de ses universités», ajoute-t-on. Au final, 11 syndicats et associations ont soutenu cette déclaration.