Le parti d'extrême droite fustige la construction d'une société «de plus en plus communautarisée» où «la République cède systématiquement». Marine Le Pen, présidente du Front national, n'y va pas par quatre chemins. «Ce rapport est une déclaration de guerre contre la République française, contre l'histoire de France et contre la culture française.» Dénonçant les méthodes «totalitaires» d'un gouvernement qui, selon elle, «multiplie» les erreurs, l'eurodéputée s'avoue «surprise» et estime que «même Staline n'aurait pas osé». En revanche, elle pense que l'initiative du gouvernement a «le mérite» de mettre «le projet de société du Parti socialiste» au centre du débat. «Leur projet culturel, c'est ça», répète-t-elle, avant de regretter une «soumission forcée et totalitaire à l'immigration et la dilution de la culture française». Marine Le Pen épingle la présence «d'arrière-pensées électoralistes» dans la mesure où, selon elle, le PS miserait désormais sur «la classe des soi-disant exclus, Français issus de l'immigration» après avoir «perdu les classes populaires et ouvrières». «C'est une énorme provocation en forte opposition avec ce que veulent les Français», juge pour sa part Florian Philippot, vice-président du FN. «Si l'on veut savoir ce qu'il faut faire en France sur les questions d'immigration et d'assimilation, il faut faire à peu près l'inverse de ce que dit ce rapport sur tous les points», prévient-il. Regrettant «une course entre l'UMP et le PS déjà existante» sur le sujet, il note qu'aujourd'hui «les coureurs sont dopés». Il avoue aussi être «surpris» par «le côté caricatural et provocateur» de ce texte d'experts mais, selon lui, «la philosophie» cachée derrière ces analyses s'inscrit dans «une évolution que l'on connaît en France depuis trente ans». Il fustige la construction d'une société «de plus en plus communautarisée» où «la République cède systématiquement». Selon lui, un tel rapport «organise la division et le conflit de tous contre tous». «Insécurité culturelle» Pour Louis Aliot, vice-président du FN, une telle initiative aura non seulement un «impact fort», et notamment «dans le monde rural», mais elle finira «d'anéantir la popularité du PS». À la veille des élections municipales, le frontiste estime que ce rapport est «explosif» et «fera grand bruit». Il s'en étonne d'ailleurs: «C'est à se demander quelles sont les motivations d'Ayrault?» Même Karim Ouchikh, administrateur du Rassemblement Bleu Marine et conseiller Culture-Francophonie de Marine Le Pen, n'en revient pas. «Ce rapport fait froid dans le dos», confie-t-il avec stupeur. «Ce projet propose une importante transformation sociale, car il tourne le dos de manière très radicale au modèle d'assimilation français.» Le frontiste, né en France, d'origine algérienne, pointe également le caractère inacceptable d'une méthode qui «ne respecte pas les notions de culture et d'héritage civilisationnel français». Quant au fond, Karim Ouchikh remarque l'ignorance, dans ce rapport, «de l'importante composante chrétienne» présente dans le modèle français de civilisation. «J'ai le sentiment, déplore-t-il, que l'on veut gommer un héritage culturel que chacun doit recevoir et transmettre, avec l'ambition de le faire disparaître de l'inconscient collectif. Et cela ne fait que renforcer l'insécurité culturelle dont certains sociologues ont parlé.»